Tout ce que vous devez savoir sur le cannabis médical


Mis à jour le 4 mars 2021


Validation médicale :
09 juin 2015

La consommation de cannabis médical est une réalité aux Pays-Bas, mais aussi en Italie, en Allemagne, en Finlande et dans certains États américains. En France, son utilisation est uniquement testée.

Quand on dit cannabis, on pense vite au partage, à la médecine et à l’interdiction… Cependant, cette substance a aussi des vertus médicales pour les patients souffrant de douleurs chroniques, de convulsions associées à la sclérose en plaques, de nausées ou de perte d’appétit dues au sida ou au cancer… Des propriétés de plus en plus reconnues dans le monde mais rarement en France. Information sur cette exception française à l’occasion de la parution du livre “Le cannabis médical. Du cannabis indien au THC de synthèse”.

Le cannabis médical s’est-il avéré efficace ?

Chanvre médical

Le cannabis, ou cannabis indien, est utilisé comme plante médicinale depuis l’Égypte ancienne, mais cette substance a fait l’objet de peu d’études scientifiques et rigoureuses au 20e siècle en raison de son interdiction. Ce n’est qu’en 1992 que l’intérêt pour cette substance refait surface avec la découverte par le professeur Raphael Mechoulam d’un analogue du cannabis fabriqué par l’organisme lui-même, l’anandamide. Selon ce professeur de l’Université de Jérusalem, “le système endocannabinoïde joue un rôle dans presque tous les systèmes normaux qui ont été observés” 1Et l’élan de recherche autour de ce groupe semble lui donner raison.

Plusieurs centaines d’études 1, 2 a ainsi permis de confirmer certaines propriétés du cannabis médical :

  • Propriétés analgésiques, surtout pour les douleurs chroniques persistantes 3 ?
  • Propriétés anticonvulsivantes , utile dans la sclérose en plaques 4 voire épilepsie partielle 5 ?
  • Propriétés antiémétiques et antinautiques , pour les patients sous chimiothérapie 6, 7 ou avoir le SIDA 8 ?
  • Stimulation de l’appétit , en cas de faiblesse importante ou de cachexie chez le sujet âgé lors d’un séjour prolongé 9, patients atteints de la maladie d’Alzheimer dix ou le SIDA 11 ?
  • Mais aussi un meilleur sommeil 12, 13, dilatation insuffisante des bronches, cependant, pour le traitement de l’asthme 14, dilatation des vaisseaux sanguins pouvant améliorer le glaucome 15, etc.

Le cannabis, sous sa forme naturelle ou modifiée chimiquement, présente donc une efficacité significative dans certaines pathologies.

Dérivés du cannabis : d’autres applications prometteuses…

De nouvelles voies ont également émergé suite à la réalisation d’études scientifiques, suggérant par exemple, même si des recherches supplémentaires sont nécessaires, une efficacité potentielle pour le développement de certains cancers du cerveau. 16, face au développement de la maladie d’Alzheimer 17, 18ou aider à traiter le trouble obsessionnel compulsif (IDCI) 19 et tics excessifs ou anormaux (syndrome de Tourette) 20Les

Des recherches sont en cours pour étudier les dysfonctionnements du système endocannabinoïde afin d’identifier d’autres rôles externes potentiellement positifs (non produits par le corps). Selon le professeur Mehulam 1“Les médicaments à base de cannabis de demain seront sans aucun doute liés à la neuroprotection (…) et à la douleur chronique.” Son équipe a également synthétisé un dérivé du cannabis a priori “très efficace pour les troubles digestifs” et travaille sur des dérivés utilisables en cas de rhumatismes inflammatoires chroniques ou de cancer.

Qu’il soit utilisé en complément des traitements (pour gérer les effets secondaires) ou en alternative à d’autres traitements, le cannabis médical possède des bienfaits connus et reconnus. Il est donc prescrit dans certains pays à des conditions indicatives (liste variable selon les pays), d’origine et de forme d’utilisation.

Sous quelle forme le cannabis médical doit-il être utilisé ?

Le cannabis fumé augmente le risque de cancer du poumon tout comme le tabac, et encore plus selon plusieurs études. Ainsi, il est aujourd’hui incontestable que « l’articulation » est plus néfaste que bénéfique. Dans le cadre d’un usage médical, il est recommandé, dans les pays qui le permettent, de consommer du cannabis sous diverses formes non-fumeurs.

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Cannabis

Aux Pays-Bas, l’Office of Cannabis Medicine recommande sa consommation sous forme de tisanes ou avec l’utilisation de vaporisateurs, dispositifs qui permettent d’inhaler le principe actif du cannabis sous forme de vapeurs, sans le brûler ni produire de résidus cancérigènes. 1Les

Un vaporisateur oral d’extrait de cannabis, le Sativex®, est également disponible dans les pharmacies canadiennes depuis 2005 en cas de pathologie neurologique sévère (par exemple, la sclérose en plaques).

Il existe également deux drogues de synthèse à base de THC (tétrahydrocannabinol, principe actif du cannabis) aux États-Unis et au Canada, le Cesamet® et le Marinol. Les patients anglo-saxons recevant du cannabis médical sont généralement munis d’une « Medical Emergency Card », qui leur permet de prouver leur bonne foi.

La France au stade expérimental

Portée par des exemples de réussite à l’étranger, la France lance pour la première fois une expérimentation autour du cannabis médical. Grâce à la disponibilité de données scientifiques et à une demande importante des patients et des professionnels de santé, les premiers travaux sur l’efficacité et la pertinence du cannabis à usage thérapeutique ont débuté en 2018.

Le 7 octobre 2020, un décret a officiellement autorisé, suite à l’avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament, l’expérimentation du cannabis sous forme de drogue. Celle-ci devrait démarrer à partir d’un premier patient au plus tard le 31 mars 2021, durera deux ans et concernera jusqu’à 3000 patients dans 200 structures partenaires.

L’accès à l’expérimentation sera possible dans le cadre de 5 pathologies, en cas de :

  • Douleur résistante au traitement,
  • Épilepsie sévère et résistante aux médicaments,
  • Soins de support en oncologie,
  • Spasticité douloureuse associée à la sclérose en plaques,
  • Situations réconfortantes.

Pour ces affections, l’accès à l’expérimentation du cannabis à usage médical interviendra chez les patients dont le traitement est inadéquat ou s’ils y sont intolérants. Le traitement au cannabis ne sera pas un traitement de première intention. Ils feront l’objet d’un suivi médical tout au long de l’étude et devront rapporter l’efficacité du traitement (effet sur la douleur) et les effets secondaires.

Prescription avec une prescription sûre, les médicaments se présenteront sous forme d’huile orale ou de fleurs séchées inhalées après pulvérisation. L’objectif : évaluer la faisabilité du circuit thérapeutique du cannabis et collecter les premières données sur son utilisation. Une première évaluation sera réalisée 6 mois après le début de l’expérimentation pour apprécier sa pertinence et confirmer la période d’essai de 24 mois.

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