Le CBD « Wellness » est-il vraiment sans danger ?


Qu’est-ce que c’est ?

Le CBD (cannabidiol) est une molécule extraite du cannabis à usage industriel ou de variétés de cannabis (Cannabis sativa) à très faible teneur en THC (tétrahydrocannabinol). Contrairement à ce dernier composé, le CBD ne provoque pas les effets euphorisants du cannabis et n’est donc pas illégal. En France, dès 2018, il était possible de le retrouver dans divers produits de bien-être : liquides électroniques pour cigarettes électroniques, huiles, tisanes, crèmes, gâteaux… « Attention à ne pas confondre bien-être CBD avec cannabis thérapeutique. » Soulager certains troubles (douleur, épilepsie chez l’enfant, etc.) via le CBD mais aussi – de loin – le THC, ou la plante de cannabis elle-même”, explique William Lowenstein, spécialiste des addictions et président de l’association SOS Addictions.

N’est-ce pas vraiment un psychotrope ?

“Si on met derrière le mot ‘psychotrope’, l’idée d’addiction, en transformant la perception de la réalité et des sens, alors le CBD n’est pas un psychotrope comme le THC”, commence William Lowenstein… En effet, les études disponibles montrent que il n’a aucun pouvoir addictif. En revanche, “si on s’en tient à la définition scientifique du ‘psychotrope’, le CBD entre dans cette catégorie”, ajoute le spécialiste des addictions. Selon l’OMS, une substance est considérée comme psychotrope (ou psychoactive) si « lorsqu’elle est ingérée ou administrée, [elle] modifie les processus mentaux, tels que les fonctions ou les effets cognitifs. De cette façon, il régule notre système endocannabinoïde naturel, qui régule – entre autres – notre humeur et notre douleur. Et donc, ces deux derniers processus. “Donc, pour William Lowenstein, ‘ça marche vraiment dans le cerveau.’

Des vertus prouvées ?

Alors que le bien-être du CBD lui-même n’a pas été rigoureusement évalué, “des essais cliniques sur le CBD thérapeutique suggèrent qu’il pourrait avoir des propriétés sédatives, relaxantes musculaires, anxiolytiques, antidépressives et antipsychotiques”, explique le toxicomane. Guillaume Lowenstein. Par exemple, en termes d’effet anxiolytique, dans une étude publiée il y a quelques années, l’équipe de psychiatre Esther Blessing (Université de New York) a analysé 49 revues sur ce sujet et a conclu que « globalement, les données actuelles montrent que le CBD a d’énormes potentiel comme traitement des troubles anxieux. Chez les fumeurs de cannabis, « la e-cigarette CBD pourrait réduire les risques liés au cannabis fumé, qui est exposé au THC et à divers composés cancérigènes ou toxiques dus à la combustion : particules solides, monoxyde de carbone, goudron… » Bertrand Dautzenberg, pneumologue et e -spécialiste de la cigarette. Mais encore plus de recherches sont nécessaires pour trancher enfin la question des vertus d’un tel produit.

Complètement sûr ?

D’après les études disponibles, le CBD n’a pas d’effets toxiques significatifs. En revanche, il peut provoquer divers effets secondaires : diarrhée, perte d’appétit, fatigue, vomissements, somnolence, voire léthargie (sommeil profond et prolongé)… Les effets dépendent de la dose ingérée. « Quant à la somnolence et à la léthargie, qui peuvent avoir de graves conséquences si elles surviennent au volant, elles sont généralement supérieures à 800 et 1600 mg respectivement pour un homme de 80 kg. Il faudrait donc en utiliser plus de 8 ou plus de 16 » flacons de 10 ml de e-liquide par jour, dosés à 100 mg de CBD, de quoi s’inquiéter… ce qui laisse beaucoup de place à la sécurité”, relate William Lowenstein. Cela se produit toujours quelle que soit la sensibilité des consommateurs individuels. ” Selon Le pneumologue Bertrand Dautzenberg, un autre risque est « la consommation de CBD de mauvaise qualité, coupé avec des produits toxiques » (THC, acétate de vitamine E, etc.), car ce marché reste assez mal contrôlé.

EN CHIFFRES

1er

Il classe la France parmi les pays européens producteurs de cannabis les plus industrialisés, avec environ 17 900 hectares plantés en 2018, loin devant l’Italie (4 000) et les Pays-Bas (3 833), selon l’Association européenne du cannabis industriel.

77%

des consommateurs de CBD Wellness l’utilisent comme relaxant, selon une enquête e-liquid-cbd. information, tenue fin 2018 auprès de 759 consommateurs français, âgés de 18 à 70 ans.

SOURCE : HTTPS://E-LIQUIDE-CBD.INFO/CONSUMER-SURVEY-CBD.HTML

400

C’est le nombre de magasins qui vendraient des produits CBD en France. Il y a quelques mois, avant l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, il n’était, selon le syndicat de protection du cannabis, que d’environ 300.

SOURCE : ASSOCIATION DE TRAVAIL PROFESSIONNEL

Cet article a été initialement publié le 1er mars 2021.

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