Cannabis thérapeutique : Romain milite pour sa légalisation


Il en a fait un combat. Personnellement, d’abord. Service public, donc. Romain milite pour la légalisation rapide du cannabis thérapeutique en France. Le temps est écoulé.

Ce serait entre 300 000 et 1 million, en France, à attendre avec impatience de pouvoir enfin soulager leurs maladies grâce au cannabis thérapeutique. Parmi eux, Romain et sa compagne. Il souffre d’épilepsie chronique sévère. Une maladie qui a commencé quand il avait 23 ans. “J’avais une vingtaine de crises par an, avec perte de connaissance. On m’a prescrit des antiépileptiques. Cela n’a pas amélioré mon état. Et c’est un traitement assez lourd qui touche surtout le foie. J’ai donc contacté des institutions médicales au Luxembourg qui m’ont proposé des alternatives au CBD. Je me soigne avec ça depuis environ un an. Résultat : je n’ai plus de convulsions depuis 7 mois, je ne prends plus de somnifères, d’antiépileptiques... ”

France, exception européenne

A ses côtés, sa compagne a également découvert les bienfaits du cannabis thérapeutique. La jeune maman souffre de spondylarthrite ankylosante, diagnostiquée il y a six ans. Cette maladie inflammatoire chronique pénètre généralement dans le bassin et les articulations. Auto-immune, non curable. elle est simplement soulagée par la prise d’anti-inflammatoires et d’antalgiques. Alors que la partenaire de Romain est traitée avec des huiles de CBD et des injections de cannabis, elle affirme avoir réduit de moitié sa consommation de médicaments conventionnels. Si la découverte du cannabis thérapeutique a amélioré la qualité de vie du couple, il n’en reste pas moins que le consommer leur coûte 400 euros par mois, dans un pays où toute consommation de cannabis est interdite. À cet égard, la France a arrêté depuis de nombreuses années, alors que la plupart de ses voisins européens ont légalisé le cannabis médical il y a plusieurs années : la Croatie, la Grèce, Chypre, l’Allemagne, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Finlande ont déjà franchi le pas. Certains pays sont même allés plus loin en légalisant totalement l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques et/ou récréatives, comme au Canada ou en Uruguay. Début 2019, 21 des 28 pays de l’Union européenne avaient légalisé le cannabis à usage thérapeutique. Pas encore la France, alors que l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) a donné son feu vert en décembre 2018 à l’usage thérapeutique du cannabis, dont le potentiel a également été reconnu par l’ONU. Ainsi, Romain dénonce l’absurdité de la situation. S’il pouvait acheter légalement son cannabis à quelques kilomètres de son domicile en Belgique, il deviendrait illégal dès son retour en France. Le père de famille s’approvisionne dans les magasins CBD qui fleurissent à Valenciennes.

Une expérimentation démarrée en mars 2021

En 2019, une lueur d’espoir. Olivier Véran, pas encore ministre de la Santé mais député de l’Isère à l’époque, a proposé un amendement en faveur de l’expérimentation du cannabis thérapeutique, qui a été approuvé par l’Assemblée nationale. Puis la crise du Covid va là-bas et retarde l’échéance. Enfin, en mars 2021, cette grande expérience commence. Il durera deux ans et concernera 3 000 patients qui ne ressentent pas ou plus les effets des thérapies conventionnelles pour soulager leur maladie. Douleurs chroniques, fibromyalgie, sclérose en plaques… De nombreuses pathologies sont éligibles. Romain saute sur cette opportunité inattendue pour inscrire sa compagne. Mais c’est le début d’un parcours du combattant auquel il ne s’attendait pas. “Je suis épuisé. J’essaie d’obtenir de l’aide du corps médical depuis six mois« 200 hôpitaux sont impliqués dans cette expérimentation, dont Valenciennes, Lille et Lom, pour les plus proches d’eux.Mais quand on les appelle ils disent que ça n’existe pas“Romain outré, impasse. Cependant, le professeur de Lille qui suit le partenaire de Romain est indiqué en noir et blanc – Je ne vois pas de réserves particulières sur la possibilité de pouvoir intégrer une étude de validation.Pour que ma femme puisse intégrer l’expérience, le médecin qui la suit doit avoir été formé au cannabis thérapeutique. D’où la nécessité de se rapprocher d’un hôpital agréé. Pour nous, le temps presse. Nous connaissons le résultat de l’état de santé de ma femme. Le fauteuil roulant, on y arrivera… Mais on veut gagner du temps, du confort dans la vie, et qu’il ne souffre pas des effets secondaires des médicaments. Si nous ne profitons pas de cette expérimentation, il faudra attendre plusieurs années avant que la légalisation du cannabis thérapeutique en France soit adoptée et entre en vigueur. Cependant, cette fois, nous ne l’avons pas.

C’est un expert en la matière. En plus de se battre pour que les vertus curatives du cannabis soient enfin adoptées, Romain promeut également les usages insoupçonnés de cette petite graine qui faisait autrefois partie du quotidien des Français.

De la croissance à la frustration

Le chanvre est tissé, consommé pour l’alimentation humaine et animale ou utilisé comme matériau de construction. Charlemagne a même imposé le chanvre comme usine textile. Plus tard, le célèbre Gutenberg imprimera sa première Bible sur du papier de chanvre. Les grands explorateurs utilisaient le chanvre pour fabriquer des voiles et des cordages. Sa culture à grande échelle fait même l’objet de conflits internationaux et d’âpres négociations économiques. Puis la révolution industrielle passe par là, et avec elle d’autres enjeux émergent, comme le coton et le pétrole. Le coup d’État a eu lieu pendant les années folles. Le cannabis récréatif fait son apparition parmi une population qui est sous le contrôle de la misère sociale. Il est alors blâmé pour tout le mal, provoquant désordre et violence sociale. Un statut qui lui est accordé encore aujourd’hui. Le chanvre récréatif et le chanvre industriel sont placés dans le même sac. Cadeau divin pour les producteurs de nylon. Aujourd’hui, la France est le deuxième producteur mondial de cannabis, la moitié de sa production étant destinée à l’exportation vers l’Europe.

Récupération de cannabis

Le métier de Romain est de redonner au public le cannabis et de lui redonner l’attrait qu’il a perdu au fil des années, en faisant à nouveau un acteur économique naturel de premier plan dans le secteur du textile ou de la construction par exemple.

Retrouvez Romain, surnommé Hibooxxx sur Facebook, Instagram et Twitter.

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