Cannabis (suite) – Infor -Drogues asbl


Risques liés à la consommation elle-même

  • Le cannabis fumé comporte les mêmes risques que le tabac (irritation, cancer des voies respiratoires), surtout s’il est mélangé avec du tabac.
  • Lorsque le cannabis est avalé (sous forme de « space cake » ou autre), les effets peuvent être plus puissants que lorsque le cannabis est fumé. En effet, lorsqu’il est consommé, le cannabis agit quelques heures plus tard et peut donc surprendre l’utilisateur par l’intensité des effets. Il y a aussi le risque de consommer plus qu’on ne le voudrait.
  • Comme avec d’autres produits (y compris les médicaments), le mélange de cannabis avec d’autres substances peut entraîner des conséquences imprévisibles…
  • Il n’y a pas de doses mortelles de cannabis.

Renversement et mauvaises expériences

Le cannabis, comme la plupart des drogues, stimule l’humeur initiale du consommateur. Si ce dernier est mauvais sur sa peau, une crise de stress peut survenir. C’est ce qu’on appelle un « flipper ».

Dans ce cas, il est préférable pour le consommateur de chercher un endroit calme, d’être entouré de personnes de confiance, de boire quelque chose de sucré. Ces effets secondaires disparaissent après environ une heure.

Dépendance

N’oubliez pas qu’il existe une dépendance physique lorsque :

  1. un phénomène de tolérance se produit (habitude) : la tolérance à un produit se définit par la nécessité d’augmenter les doses pour arriver au même résultat.
  2. lorsque le syndrome de sevrage est observé après l’arrêt de la consommation.

Quant à la tolérance au cannabis, les scientifiques s’accordent désormais à dire qu’elle se développe lors d’une consommation régulière (quotidienne) et prolongée. Plus la consommation est fréquente et plus la teneur en THC est élevée, plus la tolérance sera grande et rapide.

Par rapport à d’autres substances psychoactives, la tolérance au cannabis est généralement faible.

Dépendance physique

La dépendance physique au cannabis soulève encore de nombreuses questions et controverses.

En effet, certains scientifiques critiquent de très nombreuses études car les biais méthodologiques sont importants (par exemple, l’addiction à la nicotine n’est pas toujours prise en compte). De plus, les symptômes observés peuvent ne pas être spécifiques au cannabis. Par exemple, une personne dépendante au jeu qui devrait s’abstenir de jouer peut ressentir un inconfort physique similaire à celui décrit pour le cannabis (irritabilité, insomnie, transpiration, etc.). Cependant, il ne s’agit pas pour tous d’une dépendance liée au produit (Smith NT, 2002).

Avec prudence, nous dirions qu’une consommation excessive et prolongée de cannabis peut entraîner une petite dépendance physique (Eehr et al., 1983; O’Brien, 2001) qui affecte un faible pourcentage d’usagers (Hall, Room et Bondy, 1999) . Institut de médecine, 1999). Ceci est lié à la description du manuel diagnostique et statistique de l’American Psychiatric Association (DSM IV) qui indique que la dépendance au cannabis n’est généralement pas naturelle.

Dépendance psychologique

Le consensus est ici plus clair. La communauté scientifique s’accorde à dire qu’une dépendance psychologique peut se développer chez certains utilisateurs. Elle se manifeste par une très forte envie de consommer pour se sentir bien, surmonter des difficultés, décompresser, dormir, réaliser certaines activités, etc.

La consommation devient alors une habitude ou un besoin pour soi.

De plus, cette dépendance psychologique n’est pas aussi tyrannique que celle provoquée par des produits comme l’alcool, la cocaïne ou l’héroïne. Cependant, certains consommateurs peuvent encore perdre le contrôle de leur consommation.

Syndrome de sevrage

Plusieurs études tentent de démontrer l’existence du syndrome de sevrage et de le mesurer. À l’heure actuelle, nous constatons l’absence de consensus dans l’interprétation des résultats ainsi que l’absence d’une définition du sevrage spécifique au cannabis.

Voici ce que l’on peut lire dans la littérature spécialisée :

Les symptômes de sevrage répertoriés dans les différentes études sont les suivants : transpiration, anxiété, inquiétude, nervosité, maux de tête, nausées, troubles du sommeil, diminution de l’appétit et du poids corporel, douleurs à l’estomac ou crampes et tremblements. (Kaplan et Sadock, 1998 ; Ashton, 2001 ; Johns, 2001).

D’autres études récentes tentent de décrire le moment de ce sevrage, mais nous notons que l’intensité et la durée de ses symptômes varient d’une expérience à l’autre. Selon ces études, les symptômes apparaissent 3 à 7 jours après l’arrêt de la consommation et peuvent durer de 4 à 15 jours selon les études. L’irritation peut durer un mois (Kouri EM et al., 1999 ; Budney AJ et al., 2003).

Nous attirons également l’attention sur le fait que ces symptômes de “sevrage” peuvent également être vus dans le cadre de la dépression et/ou de l’anxiété. Il est donc difficile de les distinguer facilement sans demander l’avis d’un professionnel de santé.

Par conséquent, nous devons examiner attentivement ces données, mais gardez à l’esprit qu’un pourcentage important de fumeurs de cannabis ont du mal à arrêter et se sentent mal à l’aise lorsqu’ils arrêtent. La façon dont ils ressentent l’inconfort varie d’une personne à l’autre : les symptômes peuvent être tantôt physiques, tantôt psychologiques. Il semble que ces personnes demandent de plus en plus de l’aide pour arrêter ou reprendre le contrôle de leur consommation. Surtout si cela interfère avec les activités quotidiennes.

Cannabis et santé mentale

Depuis 2003, de nombreuses études tendent à vouloir montrer que le cannabis peut provoquer des troubles mentaux graves comme la psychose.

Il est vrai que de fortes doses de THC provoquent parfois de la confusion, des délires, de l’anxiété ainsi que de l’anxiété. Cependant, de telles réactions sont rares et dans la plupart des cas, les effets disparaissent rapidement après l’arrêt du cannabis. Néanmoins, certaines personnes ont une prédisposition aux troubles mentaux sévères. Dans ces cas relativement rares mais non moins préoccupants, il existe un consensus scientifique selon lequel la consommation de cannabis – même à faible dose – peut accélérer ces troubles (Degenhardt L. et al., 2003 ; Verdoux H. et al., 2003).

La revue d’Arseneault et al. (2004) estiment que le risque est modéré, mais qu’il est loin d’être marginal, compte tenu de la forte exposition des adolescents à cette consommation. Par conséquent, ces auteurs concluent que le cannabis, bien que ni nécessaire ni suffisant, peut déclencher la schizophrénie chez ces personnes prédisposées.

Cannabis et sommeil

Le cannabis est souvent considéré comme une substance somnifère. Chez les personnes qui en consomment régulièrement, cependant, le cannabis peut affecter la qualité du sommeil ou même provoquer des insomnies si vous arrêtez.

En effet, la consommation fréquente de cette plante entraîne la suppression du sommeil paradoxal. Or, c’est cette phase qui permet à notre cerveau de traiter les informations qui se sont accumulées pendant les heures où nous sommes éveillés, notamment à travers les rêves. Une opération inconsciente qui permet de ne conserver que les informations importantes et de les traiter plus efficacement au réveil. Étant donné que la consommation de cannabis perturbe cette phase de sommeil, il n’est pas rare que les utilisateurs se réveillent avec une sensation de brouillard, même s’ils ont bien dormi. Bien que le cannabis favorise le sommeil, il ne procure pas un sommeil réparateur et les fumeurs réguliers sont souvent fatigués ou ont du mal à se réveiller.

Des scientifiques ont récemment découvert que le cannabis retarde la production de mélatonine, également connue sous le nom d’hormone du sommeil, pendant la nuit. Le cannabis aide donc à changer le rythme du sommeil en le décalant. Par conséquent, les consommateurs peuvent souffrir d’insomnie lorsqu’ils cessent de l’utiliser (Conroy DA1, Arnedt JT, 2014). Ce phénomène transitoire peut durer plusieurs semaines pendant lesquelles le sommeil paradoxal reprend. On peut alors observer un « effet récupération » qui conduit à la correction des rêves et des cauchemars, qui peuvent être très intenses et provoquer des réveils et des insomnies, et donc de la fatigue. Le cycle de sommeil revient à la normale après environ quatre semaines d’abstinence.

Et le CBD ?

Beaucoup pensent que le CBD peut soulager les troubles du sommeil associés au sevrage du cannabis. Si l’on considère le THC comme un sédatif, alors son concurrent, le CBD, aura un « réveil » et ne favorisera donc pas non plus le sommeil.

Risques liés au caractère illégal du produit

  • La qualité du produit n’est jamais garantie. Le chanvre, cependant, est rarement coupé.
  • Il est situé dans le marché clandestin avec des commerçants qui proposent parfois d’autres médicaments.
  • La consommation de cannabis étant illégale, elle est loin d’être culturellement et socialement acceptable, contrairement à l’alcool. Il existe donc un risque d’isolement social (aliénation vis-à-vis des proches, problèmes au travail ou à l’école, etc.).
  • Le principal risque pour les consommateurs de cannabis est de s’exposer à des sanctions judiciaires. Cependant, le THC est détectable dans le sang et la salive après une consommation récente (moins de 24 heures), mais peut laisser des traces détectables jusqu’à 6 semaines lors d’un test d’urine sur des utilisateurs réguliers. Pour les utilisateurs occasionnels, des traces de THC sont détectables dans les urines pendant une période de temps plus courte.

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